Un soir comme les autres ou les larmes ont coulees, une vie comme toutes les autres qu'il faut vite effacer, une envie comme quelque chose qui se mange de se couper les veines, pas le courage de le faire. La tete tournee vers le bureau ou les boites de cachets anti-depresseurs sont posees, la couverture se souleve et l'ombre avance vers la solution, la main n'a qu'a empoigner la boite et la bouteille d'eau, on se recouche. Encore des pleurs en lisant des messages sur son portable, des messages qu'on aime parce que les gens qui les ont ecrits ont penser à nous, qu'ils nous ont aimes. Le regard dans le vide, un flash-back d'une vie insouciante et inutile qui va bientot se terminer. Plus de pleurs, un sourire, l'eau qui fait passer les cachets un par un dans la gorge de la mort, un, deux, puis la boite toute entiere. Ignorant les effets, prendre plusieurs boites de cachets parait raisonnable pour un bon résultat. C'est fini, il ne reste plus qu'a attendre, attendre la Fin, la vraie Fin. Plus envie de revenir en arriere, plus le choix, plus de retour, juste un aller simple pour la Mort, le sejour en Enfer que les gens desesperes meritent seulement. Une pensee pour les amis, la famille, l'amour de notre vie, car au moment crucial, l'amour est pour la vie, puis un espoir, un espoir de se retrouver sur un lit d'hopital, les yeux a peine ouverts, percevant l'infirmiere annonçant a une mere en larmes que tout va bien aller, mais tout s'efface, l'infirmiere disparait, la mere aussi, le lit, l'odeur de la chambre de malade, tout. Un courage, le courage dont on avait besoin tout a l'heure arrive, mais la force a disparu, les ciseaux bien tailles, quand on pouvait avoir de grands ciseaux couleur parme, un souvenir, un dernier souvenir d'une phrase entendue quelque part, d'on ne sait ou: "je t'aime". Resonnant dans l'esprit tournoyant, une voix connue qui fait pleurer parce qu'on l'aime, la rage arrive et le courage la suit, le ciseau ecarte violemment ses bras et fonce sur la peau d'ange deja meurtrie, la douleur montant au cerveau, le plaisir d'avoir eu du courage, la fierte de reussir, enfin, a se dechainer. Mais le dernier moment arrive et l'envie de vivre devient immense, le futur prend place et les souhaits, les promesses, tout devient clair: "je veux me marier, je veux des enfants, je veux voir ma filleule grandir, je veux dire au revoir a ma meilleure amie, je veux dire a mon coeur que je suis la." Plus la peine de parler, la sensation de fin est delicatement immonde, une puanteur de sang gagne les narines, une envie de degueuler ce qu'on a avaler, trop tard pour y echapper, la douleur monte, envie de dormir pour ne plus se reveiller, jamais, les yeux se ferment, les pensees disparaissent, on n'attend plus... Le lendemain, on se reveille, c'etait un reve ? Non, mais il faut plus de 7 anti-depresseurs pour mourir, la prochaine fois, on prendra des somniferes...